Monuments

Ville moyenâgeuse ayant pris forme du XIème au XIIIème siècle, protégée par une enceinte fortifiée, Clermont l’Hérault possède un patrimoine remarquable, avec 9 édifices protégés au titre des monuments. La Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) qualifie Clermont l’Hérault de «cité remarquable» en matière d’archéologie et de monuments historiques.


  • Espace des Dominicains (ex chapelle)

    Espace des Dominicains Origine 8 CopieÀ proximité de l’église paroissiale Saint-Paul et sur la rive droite du Rhônel, la Chapelle des Dominicains (espaces des Pénitents) faisait partie d’un vaste ensemble. La décision d’installer dans la ville de Clermont-Lodève un couvent des Dominicains est attribuée au maître de l’ordre, Béranger de Landore.

    Le 14 février 1317, l’ordre avait obtenu du Pape Jean XXII une bulle accordant une autorisation globale de fonder vingt couvents, puis Bérenger Guilhem, seigneur de Clermont, donna l’enclos (le terrain) dans lequel seront construits le couvent, l’église et le cloître (17 avril 1320). La construction de l’église, de style gothique méridional, débuta en 1321, se poursuivit jusqu’au XVème siècle, mais ne fut jamais achevée. L’aide de l’évêque Dominicain Bernard Guy (1324-1331) n’a pas dû faire défaut au couvent. Celui-ci comprenait l’église, le cloître, une fontaine, trois moulins (à blé, à huile et à tan), des figuiers, des olivettes, des vignes, des collines et des ruisseaux.

    Le couvent fut détruit lors des Guerres de Religion en 1568, puis lors des guerres civiles. Malgré cela, il ne fut jamais abandonné par les Frères Prêcheurs. Il renaît de ses cendres sous l’impulsion du Père Michaelis qui y expérimenta en 1594 une réforme de l’Ordre, généralisée par la suite.

    Des travaux furent effectués en l’an 1666, mais la beauté du nouvel édifice n’égala pas celle du bâti primitif, n’étant malheureusement pas reconstruit à l’identique.En 1767, le couvent abritait sept ou huit religieux et deux frères aux études. Ils travaillaient à l’éducation de la jeunesse et au ministère pastoral du diocèse de Lodève.

    À la Révolution le couvent devient propriété de la commune.L’ancienne église fut affectée à diverses fonctions (cartoucherie, chapelle des Pénitents, marché couvert, annexe du collège, locaux des Services Techniques…) puis réhabilitée à la fin du XXème siècle. À l’emplacement du couvent fut construit le Collège communal, aujourd’hui le Lycée René Gosse.

    La Chapelle des Dominicains est aujourd’hui un bâtiment municipal polyvalent, lieu de manifestations culturelles et festives, d’expositions. Il est utilisé occasionnellement pour la distribution des livres et les cours d’éducation physique et sportive des élèves du lycée René Gosse qu’il jointe. La réhabilitation de cet espace doit faire de cet édifice remarquable une véritable vitrine du cœur de ville sur l’axe touristique que constitue la route départementale 908 en traversée de Clermont l’Hérault, vers Villeneuvette, Bédarieux et le lac du Salagou.

     La Chapelle des Dominicains a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 16 janvier 1939.

     


  • A voir aussi en ville

    DANS LE CENTRE ANCIEN

    La Fontaine de la Ville : c’est le plus ancien point d’eau de la ville. Toujours situé dans ce secteur, son emplacement a toutefois varié en fonction de son débit. Deux des immeubles situés de part et d’autre étaient, au XIXème siècle, des teintureries.

    La Maison Baille : La liaison entre la Fontaine, la rue Ancien Marché à l’Huile et celle menant vers l’ancien Couvent de Gorjan est assurée par un passage couvert. Celui-ci fait partie de la maison de la famille Baille, des manufacturiers dont un membre fut le fondateur de la manufacture de Villeneuve-les-Clermont (Villeneuvette). La porte, les fenêtres à meneaux (en partie bouchées), l’escalier ainsi que la tour pigeonnier sont uniques.

    EN CENTRE VILLE

    La rue Doyen René Gosse (1883 -1943) assure la liaison entre les Allées et le centre historique. Créée en 1839, cette rue fut successivement dénommée rue Napoléon (1839-1870) puis rue Nationale (1870-1944). Son nom actuel est un hommage rendu à René Gosse, clermontais, homme de sciences (professeur de mathématiques) et de convictions (résistant) assassiné avec son fils dans le Vercors le 22 décembre 1943 par des miliciens français ou par la Gestapo.

    Rue commerçante, elle compte dans sa partie basse un grand nombre d’immeubles, principalement occupés d’appartements en étage et de commerces en rez-de-chaussée. L’immeuble de la Caisse d’Épargne présentant une façade richement ornée est l’ancienne demeure d’un fabricant de draps.

    Dans la partie haute de la rue, on trouve côté droit un vaste établissement regroupant aujourd’hui, une école et des commerces. Jusqu’au XVIIIème siècle, c’est là que se trouvait l’Hôtel-Dieu (hôpital de la ville). Dans les années 1840, fut construit le Couvent de la Nativité (premier établissement scolaire destiné aux filles). En 1905, suite à loi de séparation des églises et de l’Etat, l’École Supérieure de Filles et un commerce (« À la Belle Jardinière ») prirent la place du couvent et de son église.

    Côté gauche deux immeubles de styles différents se côtoient. Le premier, bâti de briquettes rouges, fut construit vers 1870 par une riche famille de manufacturiers de draps, fondatrice de la première banque locale et propriétaire terrienne. Le second, implanté face à l’église dans les années 1890 par un maçon clermontais, présente une façade ornée de cariatides (sous les balcons).


  • A voir en sortant de la ville

    Dans un rayon de 20 km autour de Clermont l’Hérault, on peut aisément découvrir un arrière-pays coloré et tranquille et accéder à des sites exceptionnels qui contribuent à l’attractivité touristique du secteur.

    • Villeneuvette : à 3 km, cette ancienne cité drapière fondée au XVIIème devint sous Colbert Manufacture royale de draps pour le roi et les troupes royales. On peut s’y promener à l’ombre des platanes centenaires et des petites ruelles du village.
    • Le cirque de Mourèze : à 7 km, paysage étonnant à découvrir et à parcourir (chemins de randonnée). Sur 340 hectares, immenses colonnes de calcaire pétrifiées aux formes étranges (tortue, ours, lion...). Parcours de randonnées familiales exceptionnels. Parc des Courtinals, belvédère unique sur le site et reconstitution d’habitats préhistoriques. Ecomusée qui met aussi en valeur les aspects géologiques, botaniques, et soulève de mystérieuses interrogations sur le site. L’été, jeux de pistes et animations.
    • Le Lac du Salagou :Un site exceptionnel à découvrir en liberté - Avec son plan d’eau de 750 hectares, ses collines creusées de canyons et ses colonnes basaltiques, le lac du Salagou, site classé, offre des panoramas exceptionnels dont l’originalité est accentuée par ses terres rouges, appelées ruffes. Le lac du Salagou est un espace de liberté où l’on peut pratiquer de nombreuses activités sportives, de loisirs et de détente (baignade, planche à voile, randonnée, pêche, équitation, VTT…). La base de loisirs du Salagou organise toute l’année des activités nautiques

    Pour infos :  Syndicat de Gestion du Grand Site Lac du Salagou-Cirque de Mourèze


  • Le Château fort

    Positionné sur une colline au carrefour de voies de communication et mentionné pour la première fois en 1140 dans le cartulaire de l’abbaye de Gellone, le passé du château est particulièrement obscur. Au 12ème siècle, un membre de la famille de Guilhem, mentionné en 1130 en tant que Seigneur de Clermont l'Hérault, prend conscience de la position éminemment stratégique du site et entreprend la reconstruction d'un ensemble fortifié. En effet, carrefour de différentes voies de circulation, notamment vers Bédarieux et les hauts cantons, il offrait également un point de vue imprenable sur toute la vallée de l'Hérault. Le Château féodal de Clermont l'Hérault fut ainsi construit sur le Pioch Castel, site d'une ancienne forteresse érigée par les Wisigoths au 5ème siècle. Cette première muraille dont la position était idéale pour surveiller toute la plaine de l'Héraut fut ensuite détruite par le fils de Clovis, Thierry 1er. Du premier chateau fort du 12ème siècle, seules les tours ont subsisté. Elles sont d'ailleurs aujourd'hui intégrées à des maisons et immeubles existants. C'est cette situation privilégiée qui propulsa l'expansion économique et démographique de Clermont l'Hérault.

    Si le château ne joua aucun rôle dans l'histoire de la région, il fut néanmoins le théâtre d'une émeute en 1379 à l'occasion de troubles lors des élections consulaires. Puis en 1584, le château fut assiégé par Montmorency et résista pendant quatre jours, pendant lesquels il servit d'abri à la population.

     Au début du XVIIIème siècle, Guillaume d’Auriac acquiert la baronnie de Clermont et son château (probablement déjà abandonné depuis longtemps).  Il restera dans la famille jusqu’à la Révolution Française, la dernière propriétaire étant l’héritière de la famille d’Auriac : la Marquise de Poulpry, Comtesse de Clermont. Dans l’inventaire de ses biens, réalisé en 1789-1790, il est clairement mentionné qu’elle possède : «un enclos […] dans lequel enclos étois anciennement construis le château qui n’existe plus ».

     Après la Révolution, le château sera vendu avec ses terres alentours, en plusieurs lots, à différents propriétaires. Selon le Cadastre Napoléonien, en 1836, le site comprend : trois vignes, un jardin, une pâture, une terre et trois étendoirs.

    Au XIXème siècle, l'ensemble fut à nouveau réuni par l'abbé Saumade, un prêtre de la paroisse de Clermont-l’Hérault, pour former un parc fréquenté par les prêtres résidants dans la maison de retraite qu’il avait installée dans l'ancien monastère de Gorjan. C’est encore à l’heure actuelle une propriété privée.

     Aujourd'hui, la muraille avec ses huit tours semi-séculaires, sa tour-donjon et ses deux salles voûtées restent le symbole de la création de la ville. Après de nombreuses années d’abandon, la nouvelle municipalité en 2020 a racheté le château pour le mettre en sécurité, le préserver et pouvoir le faire vivre via des festivités pour le grand public. La réouverture du château a eu lieu le 21 juin 2021.

     


  • Les remparts et les portes de la ville

    Datant du XIIème siècle, les remparts de la ville sont inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques.

    La forme circulaire des rues contournant le centre historique donne un aperçu des anciennes fortifications qui s’étendaient sur plus d’un kilomètre. Des tours jalonnaient le parcours jusqu’au château des Guilhem, perché sur la colline du Puech Castel.

    Les remparts étaient percés de quatre portes dont la première, la porte Saint-Paul, était située à l’entrée de la rue Fernand Pio, à côté de la fontaine du Griffe. Les trois autres portes, porte de Rougas, Portal Naou (Porte Neuve) et porte de la rue Bozène, sont encore visibles. Les habitants ne furent autorisés à ouvrir des portes et des fenêtres dans les murs d’enceinte qu’après la seconde moitié du XVIIIe siècle. Longtemps laissés à l’abandon, la nouvelle municipalité en 2020 a décidé de lancer un programme de restauration et valorisation des portes de la ville.

    Porte du Rougas : elle permet le passage vers l’ancienne voie de communication, rue Rougas. Sur la place de Rougas une petite fontaine, aménagée au XIXème siècle, est alimentée par l’eau de la Fontaine de la Ville toute proche.

    Porte Bozène : Le passage de la cité médiévale à l’ancien faubourg de la Frégère s’opère par la Porte Ouest dite « Porte Bozène », autrefois bordée d’un fossé. Des trois portes toujours visibles, elle présente encore son aspect d’origine. Dans sa partie supérieure on peut voir l’ouverture où passait le chemin de ronde.

    Tour Embouriane :  une des tours du rempart de la ville située rue Embouriane près de la porte de Rougas.


  • Eglise Saint Paul

    Eglise 3 web CopieL’église Saint-Paul, construite entre le XIIIe – XIVe siècle à l’extérieur des murs d’enceinte, était reliée aux remparts par deux hauts murs percés chacun d’une porte permettant aux habitants de pénétrer dans l’église. Ces murs furent détruits en 1765.

    De style gothique méridional, elle est construite sur un plan basilical, six travées composées de chapelles, 48 mètres de long, 30 mètres de large et 19 de hauteur pour une surface totale de 1475 m². L’église connaîtra de nouvelles fortifications lors des guerres de religion au XVIe siècle. Elle sera assiégée à plusieurs reprises mais restera debout. Les arcs-boutants ont été construits pour consolider la voûte mainte fois fragilisée. La façade Ouest est encadrée par deux tours octogonales reliées par une galerie à mâchicoulis. La plus élevée servait de tour de guet.

    À l’extérieur, on remarque les gargouilles et sculptures grotesques et grimaçantes qui ornent le chevet de l’église. Le porche actuel a été construit au XVIIIe siècle. La grande rosace de huit mètres de diamètre, dont le remplage en pierre date du XVe siècle, a été restaurée en 1953. Au soleil couchant, elle crée un jeu de couleurs sur les murs et les voûtes de l’église qu’elle éclaire de façon exceptionnelle

    On découvre à l’intérieur entre autres le magnifique grand orgue possédant 600 tuyaux.

     Pièce maîtresse du patrimoine de Clermont l’Hérault, elle est classée aux Monuments Historiques depuis l’origine du classement.


  • Le monument aux morts

    La place Jean Jaurès, large lien entre la gare et les allées Salengro, est bordée par le deuxième Monument aux Morts de la commune (après celui du cimetière). Inauguré en 1932, il est l’œuvre du sculpteur lodévois Paul Dardé (1888-1963), artiste reconnu et auteur de sept autres Monuments aux Morts en Languedoc (Béziers, le Bousquet-d’Orb, Limoux, Lodève, Lunel, Saint-Maurice de Navacelles et Soubés). Ce monument, le plus audacieux de tous, présente une jeune femme dénudée et parée de plumes et de bijoux veillant un soldat mort. Suite aux contestations de la population, la municipalité plaça une grille afin de dissimuler ce décor jugé scandaleux. Ce monument est une allégorie des pyramides égyptiennes dont Paul Dardé était un amateur. Les grandes jardinières de part et d’autre du monument symbolisent les pattes du Sphinx. Au centre du monument, le gisant d’un soldat avec une femme ailée qui veille sur lui.


  • Chapelle Gorjan

    Gorjian Origine 12 CopieGorjan est le nom de l’une des trois collines qui entourent la ville.

    Au début du XIVème siècle, dans l’ancienne église de la paroisse de Saint-Étienne de Gorjan, le monastère des Bénédictines du même nom est installé. Au cours des Guerres de Religions (au XVIème siècle), le monastère est dévasté obligeant les religieuses à fuir la ville. Elles y reviendront quelques années plus tard, mais s’installeront cette fois-ci à l’abri du rempart de la ville, au pied du château féodal, dans le quartier du Pioch.

    Le nouvel établissement, comportant un monastère et une église, gardera toutefois le nom de Gorjan. À la Révolution Française, l’église et le monastère sont déclarés « Bien National » et vendus à divers propriétaires. Au XIXème siècle deux abbés les rachètent. L’ancienne église devint une chapelle, l’ancien monastère la « Maison de Retraite Diocésaine de Notre-Dame de Gorjan » accueillant des prêtres âgés ou infirmes du Diocèse de Montpellier jusqu’en 1951. Aujourd’hui, la chapelle désaffectée est un bien communal et la maison de retraite une copropriété d’appartements.

    Si sa toiture a été sauvée par la transformation des cellules monastiques de l’étage en appartements, la chapelle elle-même est en relatif bon état mais nécessite la reprise de ses murs et sol ainsi que la réouverture d’une ancienne ouverture au Nord afin d’en garantir l’accessibilité aux personnes en situation de handicap.

    La nouvelle municipalité en 2020 a décidé de la restaurer pour créer l’espace idéal pour y organiser conférences et expositions, participant ainsi au renouveau du Vieux Pioch et jalonnant la montée vers le château. Elle pourrait également, de par sa situation à quelques dizaines de mètre de la mairie, recevoir des réunions officielles voire les conseils municipaux, ce qui permettrait d’affirmer par là même la laïcisation de ce lieu.


  • Chapelle Notre Dame du Peyrou

    La chapelle fut édifiée sur l'emplacement actuel en 1299. L'entrée principale est située sur la face sud, précédée d'un petit porche voûté d'ogives. Deux arcs-boutants retombant sur de puissants culots de style néo-gothique, encadrent cette entrée. Le chevet pentagonal est percé, sur chacune de ses faces, d'une étroite fenêtre trilobée, et rythmé de contreforts terminés par de petits pinacles dont la base est ornée d'un motif rappelant les faces latérales d'un chapiteau ionique. Cette disposition remonte au 18e siècle (date 1709 marquée sur un pinacle).

    Au nord-est, occupant l'angle entre le chevet et la face nord, une construction ou annexe porte un petit clocher-arcade datant du 17e ou 18e siècle. Le porche ouest est fortement désaxé par rapport à la nef et ouvre sur celle-ci par une grande arcade plein cintre. Le mur dans lequel elle est percée présente un appareil qui pourrait faire remonter sa construction à une époque antérieure, peut-être au 12e siècle. L'église gothique se serait appuyée contre ce mur préexistant, ce qui expliquerait son fort désaxement. Le porche est voûté d'ogives et semble à l'origine avoir été à l'air libre, les murs de remplissage des arcades entre les supports étant une adjonction très postérieure. La nef est voûtée d'ogives quadripartites légèrement bombées, dispositif assez rare dans la région et qui rappelle les voûtes dites "angevines".

    Le choeur est couvert d'une voûte unique, décomposée en sept voûtains, cinq d'entre eux correspondant aux côtés du chevet pentagonal, les deux derniers faisant la liaison avec le système de voûtement de la nef. A la fin du 14e ou au début du 15e siècle, l'édifice existant fut jugé insuffisant. C'est alors que fut élevée au nord de l'église la suite de chapelles formant bas-côté. L'édifice conserve une décoration sculptée de grande qualité dont les éléments les plus remarquables sont localisés dans les chapelles du bas-côté nord.

    Elle fut classée monument historique en 1979